D’après le livre blanc Glowbl relayé par EdTech Actu, 25 juin 2026
Un projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé est actuellement examiné au Parlement. Son enjeu : conditionner l’accès à Parcoursup à une évaluation favorable du Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur). Pour de nombreux établissements — universités, écoles, organismes de formation — la question n’est plus de savoir s’il faut s’y préparer, mais comment. Glowbl, plateforme de classe virtuelle interactive, a publié un livre blanc dédié, dont Nejiba Belkadi sur EdTech Actu a synthétisé les cinq recommandations clés.
Ce que le Hcéres cherche à vérifier n’est pas la richesse des contenus d’un programme, mais la preuve que les étudiants apprennent réellement ce que l’établissement dit leur enseigner. C’est ce glissement — de la promesse pédagogique à la preuve pédagogique — qui structure les cinq conseils ci-dessous.
1. Définir une signature pédagogique
La première étape est de formaliser ce qui caractérise l’expérience de formation proposée par l’établissement. Cette « signature pédagogique » constitue, selon le guide, « un cadre commun qui aide à aligner la vision pédagogique, les pratiques d’enseignement, l’expérience vécue par les apprenants et l’identité portée par l’établissement ». Sans ce cadre explicite, il est difficile de démontrer au Hcéres une cohérence entre les ambitions affichées et les pratiques réelles.
2. Faire de l’apprentissage par projet le cœur du développement des compétences
Le livre blanc insiste sur une distinction fondamentale : un travail de groupe n’est pas un apprentissage par projet. Dans ce dernier, les étudiants travaillent à partir d’un problème réel, sont accompagnés par un intervenant qui joue un rôle de guide (et non de transmetteur de cours) et produisent des traces d’apprentissage documentées. Cette approche développe les compétences les plus recherchées aujourd’hui : pensée critique, collaboration, autonomie, communication. Elle fournit également au Hcéres des preuves tangibles de l’acquisition des compétences.
3. Former les étudiants à travailler en équipe
La coopération ne s’improvise pas. Le guide recommande de mettre en place un cadre explicite dès le départ : rôles définis, contrat de fonctionnement de l’équipe, évaluation par les pairs et apprentissage des méthodes de travail collectif. L’objectif est de « créer un esprit de cohorte d’apprenants dès les premières sessions afin de constituer une équipe, des sous-groupes et un esprit d’entraide ». Ces dispositifs permettent à la fois de documenter la progression des étudiants et de renforcer les compétences collaboratives attendues dans le monde professionnel.
4. Construire une communauté pédagogique d’intervenants
Les intervenants professionnels sont souvent isolés les uns des autres. Le livre blanc conseille d’organiser des rencontres régulières tout au long de l’année pour qu’ils partagent leurs pratiques, identifient ensemble les difficultés et contribuent à l’amélioration continue des formations. « Une communauté d’intervenants se construit par des rituels réguliers », précise le guide. Cette animation constitue « une preuve concrète de pilotage et d’innovation pédagogique pour le Hcéres » : elle démontre que l’établissement ne se contente pas de recruter des intervenants, mais qu’il les forme, les anime et les fait progresser.
5. Concevoir chaque séance comme une activité
En présentiel comme à distance, le guide recommande d’alterner régulièrement les temps de transmission et les temps d’activité, en favorisant le travail en petits groupes. Chaque session doit disposer d’un déroulé préparé en amont (étapes, durées, consignes, transitions) pour que l’intervenant reste disponible pour animer plutôt que pour gérer la logistique en temps réel. Surtout, chaque session synchrone doit se terminer avec un livrable, même minimal : « une note collective, une liste de décisions, un schéma construit ensemble. Ce livrable est à la fois une preuve d’apprentissage et un point d’ancrage pour la session suivante. »
Ce que ça implique pour les acteurs de la formation professionnelle
Au-delà de l’enseignement supérieur, ces cinq leviers résonnent directement avec les enjeux de la formation professionnelle continue. La logique est la même : dans un contexte de montée en puissance des exigences qualité (Qualiopi, certifications métiers, évaluations sectorielles), les organismes de formation qui auront su documenter leurs pratiques, outiller leurs formateurs et structurer leurs preuves d’apprentissage seront mieux positionnés pour traverser les contrôles et valoriser leur offre.
Retrouvez l’article complet sur EdTech Actu et le livre blanc intégral sur le site de Glowbl.
