Doctorat et parentalité : concilier thèse et vie de famille

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Devenir parent pendant son doctorat reste rare et souvent vécu dans la discrétion. Un article de Campus Matin donne la parole à des doctorantes qui ont fait ce choix, entre précarité statutaire, peur d’être pénalisées et représentation encore trop absente dans les espaces académiques.

Source : Campus Matin, « Doctorat et parentalité : ce n’est pas fou d’avoir un enfant », 1ᵉʳ juillet 2026.


Une parentalité perçue comme incompatible avec l’engagement académique

Le doctorat impose, selon la représentation dominante qu’évoque l’article, une forme d’engagement permanent, une « injonction à être une chercheuse totale ». Dans ce contexte, de nombreuses personnes doctorantes retardent leur projet parental, freinées par la précarité financière et l’incertitude du statut (contrats courts, périodes de chômage entre vacations).

L’article rapporte le témoignage d’une docteure aujourd’hui affiliée à l’Institut des sciences sociales du politique de l’Université Paris Nanterre, qui explique avoir eu recours à deux reprises à l’avortement pour pouvoir poursuivre son parcours académique, avant de finalement mener une troisième grossesse à terme lors de sa dernière année de thèse.

Le congé maternité, un droit qui crée un angle mort

Une doctorante en droit et philosophie à l’Université Lyon 2, financée par un contrat doctoral de trois ans, illustre un effet pervers du cadre réglementaire actuel : le congé maternité, en repoussant la fin de son contrat, désynchronise sa situation du calendrier des recrutements d’ATER (le contrat qui permet habituellement aux doctorants en quatrième année de bénéficier d’un financement relais). Résultat : un risque de chômage entre la fin du contrat doctoral et la rentrée suivante.

L’article souligne aussi un phénomène plus insidieux : certaines doctorantes rapportent avoir reçu des sollicitations professionnelles pendant leur congé maternité, celui-ci étant parfois perçu comme du temps disponible pour la science plutôt que comme un temps de repos et de vie familiale.

Un impact de carrière documenté, et genré

Une étude de la London School of Economics and Political Science menée au Danemark, publiée en 2026, apporte des données chiffrées : huit ans après la naissance d’un premier enfant, la probabilité d’occuper un poste universitaire diminue de 14 % pour les hommes, contre 29 % pour les femmes. Ces dernières affichent également un taux de publication annuel inférieur de 31 % à celui des pères, à ce stade de leur carrière.

En France, un rapport ministériel de 2018 cité dans l’article indique que 74 % des femmes chercheuses et enseignantes-chercheuses estiment que la parentalité a eu un impact négatif sur leur carrière, contre 42 % des hommes, un écart que l’article relie à la répartition encore inégale du travail domestique.

Une crainte diffuse, rarement dite mais largement intégrée

Les pénalités liées à la parentalité ne s’expriment pas forcément par des remarques directes. L’article évoque plutôt une « crainte généralisée », en particulier chez les femmes, qui peut conduire certaines à dissimuler leur grossesse pour éviter d’être écartées de laboratoires ou de processus de recrutement.

Ce que la parentalité peut aussi apporter

L’article ne s’arrête pas aux difficultés : plusieurs doctorantes témoignent d’un gain en efficacité et en équilibre de vie depuis qu’elles sont parents, notamment grâce à une meilleure délimitation de leurs temps de travail. Le soutien d’une direction de thèse bienveillante est identifié comme un facteur déterminant dans la façon dont cette période est vécue.

La question de la représentation revient également : voir des personnes enceintes ou des parents dans les espaces académiques contribue, selon les témoignages recueillis, à faire évoluer les normes et à ouvrir une réflexion plus large sur l’accessibilité des événements scientifiques aux parents.


Pour aller plus loin, l’article complet de Campus Matin est disponible à cette adresse.

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