Étude « Live, Learn & Love in Europe » – ESCP Business School / Campus Matin, juin 2026
90 % des jeunes diplômés veulent travailler en Europe mais à quelles conditions ?
C’est le chiffre central de la première édition de l’étude « Live, Learn & Love in Europe », dévoilée par l’ESCP Business School et réalisée par ViaVoice entre janvier et mars 2026. Plus de 900 étudiants et jeunes diplômés, âgés de 18 à 35 ans et issus des six campus européens de l’école (Berlin, Londres, Madrid, Paris, Turin, Varsovie), ont répondu à cette enquête inédite.
Résultat publié par Campus Matin le 16 juin 2026 : dans un contexte de tensions économiques et d’incertitudes géopolitiques, les jeunes diplômés continuent de voir l’Europe comme un espace d’avenir. Mais leur adhésion est conditionnelle — et très exigeante.
Un attachement fort aux valeurs européennes
Ce que disent les chiffres
91 % des répondants se déclarent satisfaits de la qualité de vie en Europe. 89 % se reconnaissent dans le mode de vie européen — multiculturalisme, liberté individuelle, équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Et 90 % envisagent d’y construire leur carrière après leurs études.
La première raison invoquée pour rester en Europe est l’équilibre vie pro / vie perso, cité par 46 % des répondants, avant les opportunités professionnelles et les valeurs communes. Ce n’est pas l’ambition qui manque à cette génération — c’est la volonté de ne pas la dissocier de leur qualité de vie.
Une génération entrepreneuriale
L’étude révèle aussi une dynamique inattendue : 52 % des répondants envisagent de créer une entreprise en Europe. Ce chiffre monte à 87 % chez les étudiants du Bachelor. Loin de l’image d’une jeunesse attentiste, cette donnée dessine une génération prête à innover et à s’engager — à condition que le cadre le permette.
Pour les établissements d’enseignement supérieur, c’est un signal fort : les étudiants ne cherchent pas seulement un diplôme ou une mobilité internationale. Ils cherchent un tremplin vers la création, l’action, l’impact.
Les freins que la formation ne peut pas ignorer
Logement et coût de la vie : les angles morts de l’attractivité européenne
L’optimisme ne masque pas les difficultés. 94 % des répondants considèrent que le coût de la vie en Europe est élevé. 63 % déclarent rencontrer des difficultés pour se loger. Ces chiffres ne sont pas anecdotiques : ils pointent les conditions matérielles qui peuvent fragiliser une expérience étudiante ou décourager une installation durable.
Pour les acteurs de l’enseignement supérieur — universités, grandes écoles, organismes de formation — la question du logement étudiant et du pouvoir d’achat des jeunes diplômés est désormais inséparable de la politique d’attractivité.
Une confiance institutionnelle à reconstruire
68 % des répondants se disent optimistes quant à l’avenir de l’Europe, mais seuls 52 % jugent les institutions européennes transparentes et dignes de confiance. Les jeunes identifient la démocratie, la sécurité internationale, les migrations et l’intégration comme les principaux défis de la prochaine décennie.
L’adhésion aux valeurs européennes ne se traduit pas automatiquement en confiance envers les institutions. C’est un paradoxe que les politiques d’enseignement supérieur doivent prendre en compte, notamment dans les formations à la citoyenneté européenne et à l’esprit critique.
Ce que cela change pour l’enseignement supérieur et la formation
Les résultats de cette étude ont des implications concrètes pour les acteurs EdTech et les organismes de formation.
Accompagner la mobilité ne suffit plus. Les étudiants ne veulent pas seulement « partir en Europe » : ils veulent s’y installer, entreprendre, s’y sentir chez eux. Cela suppose un accompagnement qui dépasse le seul volet académique : logement, réseau professionnel, soutien à l’entrepreneuriat.
Préparer les étudiants à un marché du travail européen, c’est aussi les préparer à naviguer dans des environnements multiculturels complexes, à comprendre les institutions européennes et à développer une identité professionnelle qui transcende les frontières nationales.
Enfin, la donnée sur l’entrepreneuriat (87 % des Bachelor) est un appel direct aux établissements : la formation à l’initiative et à la création doit être au cœur des cursus, pas en option.
Pour aller plus loin
L’ESCP prévoit de reconduire cette étude chaque année jusqu’en 2030 afin de suivre l’évolution des attentes de cette génération. Retrouvez l’article complet de Gilbert Azoulay sur Campus Matin.
